Nous vivons saturés d’alertes, de breaking news et de récits catastrophes, au point que beaucoup finissent par éviter l’actualité parce qu’elle plombe l’humeur et donne le sentiment d’être submergé. Je ne sais pas éteindre le monde, alors j’ai choisi une autre stratégie : le cartographier.
Sur mon blog Mediapart, je n’écris pas pour déverser mes états d’âme, mais pour prendre de la hauteur et remettre de l’ordre dans ce flux. Plutôt que subir chaque information comme un choc isolé, j’essaie de la replacer dans un ensemble : une histoire longue, des structures, des rapports de force, des trajectoires. Cartographier, ici, c’est relier les points, comprendre comment une décision politique, une innovation technologique ou un effondrement écologique s’inscrivent dans un paysage plus vaste.
« Cartographier le chaos, chercher la sérénité » est ainsi un espace où se croisent transformations des organisations, diversité et inclusion, numérique et infrastructures, écoresponsabilité, théorie du chaos et quête de robustesse. En arrière-plan, une question revient sans cesse : comment rester profondément humain, lucide et relativement apaisé au cœur des turbulences du monde contemporain ? Écrire, dans cette perspective, n’est pas un simple exutoire émotionnel : c’est un outil pour organiser la pensée, mettre l’angoisse à distance, transformer un bruit anxiogène en configurations plus lisibles.
Mon blog Mediapart prolonge cette ambition : proposer des cartes provisoires de l’époque pour ne pas s’y perdre tout à fait. Ni guide de survie, ni journal intime, il se veut un laboratoire de mise en contexte, où chaque article tente de faire dialoguer événements, concepts et expériences concrètes. Chercher la sérénité, ici, ne signifie pas se couper de l’actualité, mais trouver des manières de l’habiter sans s’y dissoudre.